“Je propose un choc de solidarité”

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Régionales : Clémentine Autain se veut «l’antithèse du projet de Valérie Pécresse»

“La députée la France Insoumise de Seine-Saint-Denis s’est portée candidate pour être tête de listes aux régionales en Ile-de-France. Elle appelle les communistes à une alliance.

Clémentine Autain, députée de la France Insoumise et prochaine candidate aux régionales en Ile-de-France, appelle les autres candidats à gauche et écologistes à s’engager à favoriser la fusion des listes au second tour.

Article publié dans Le Parisien

Vous attendez le soutien du parti communiste avant d’officialiser votre candidature. Quand pensez-vous l’avoir ?

Les communistes prendront leur décision avant la fin du mois et je souhaite cette alliance au nom de nos convictions et nos combats partagés. Je me suis d’ailleurs portée candidate pour favoriser un rassemblement large, ouvert aux mouvements sociaux. Si j’arrive en tête au premier tour, je créerai toutes les conditions pour qu’il y ait une fusion des trois listes des gauches et des écologistes aujourd’hui en lice. C’est la condition pour gagner face à Valérie Pécresse. J’appelle Julien Bayou et Audrey Pulvar à s’engager publiquement de la même manière.

Votre candidature ne fragilise-t-elle pas une gauche déjà éparpillée ?

Je ne vois vraiment pas en quoi ma candidature diviserait plus que celle des autres ! Ce n’est pas de ma faute si EELV a choisi de partir seul dans toutes les régions et si Audrey Pulvar a exclu la France Insoumise de sa proposition de rassemblement. Par ailleurs, l’électorat de gauche n’est pas stabilisé. Nous sommes dans une période de refondation. Je défends avec force une gauche qui combine transformation sociale et écologique, porteuse d’un changement en profondeur.

L’écologie et le social sont aussi portés par Julien Bayou et Audrey Pulvar, qu’est-ce qui vous distingue ?

Je ne jouerai pas au jeu des sept différences. Mon enjeu, c’est de mettre fin à une politique inégalitaire et d’arrière-garde en Ile-de-France. Je suis la candidate qui incarne une parfaite antithèse du projet de Valérie Pécresse. Elle construit l’Ile-de-France à partir des normes de compétitivité et de concurrence. Le capital et les hyper-riches sont les grands gagnants. Pendant ce temps, de plus en plus de Franciliens veulent quitter notre région à cause du stress, du prix de l’immobilier, de la mal-vie. Moi, je veux que notre région soit riche de justice et d’humanité, qu’elle prenne en charge le défi climatique… Ces objectifs sont incompatibles avec l’obsession de servir le monde de la finance.

Quelle est votre mesure prioritaire ?

Face à cette crise sanitaire et sociale d’une ampleur inédite, il ne faut pas sortir l’arrosoir, mais les canadairs. C’est pourquoi je propose un choc de solidarité. Si je suis présidente de la région, cela se traduira dès juillet par des mesures d’urgence sociale et économique. Elles seront systématiquement articulées avec des investissements pour changer de modèle de développement de l’Ile-de-France.

Plus concrètement ?

Je commencerai par mettre fin aux aides économiques de la région à des grandes entreprises qui font des profits tout en licenciant massivement, comme Air Liquide qui a reçu 600 000 euros ou Total qui a bénéficié de 132 000 euros. Cet argent récupéré ira aux commerces de proximité, aux artisans, aux entreprises sur la base de critères sociaux et environnementaux. Je mettrai le paquet sur la formation et la création d’emplois utiles. De plus, contrairement à Valérie Pécresse qui a divisé par trois le budget consacré au logement, je relancerai la construction de logements sociaux et la lutte contre l’habitat insalubre. Je cesserai sans délai les financements régionaux aux villes qui, comme Versailles, ne respectent pas la loi SRU qui impose 25 % de logements sociaux. Et immédiatement, nous proposerons que les foyers modestes, ceux des tranches les plus basses du quotient familial, bénéficient de la gratuité de la cantine dans les lycées. Ce sera adossé à l’objectif minimum de 80 % de bio dans les menus avec la volonté de favoriser les circuits courts.

Vous êtes élue de Seine-Saint-Denis. Vous ne prévoyez pas un « Plan banlieue » ?

Valérie Pécresse a organisé un séparatisme territorial. Entre Paris et la banlieue, à l’intérieur même de la banlieue comme à l’intérieur de Paris. Sans parler de la grande couronne qui est une oubliée de la région Ile-de-France ! Je ne veux pas de « Plan Banlieue » : c’est l’ensemble de mon programme qui a pour ambition de favoriser les catégories populaires, d’aider les plus fragiles et de réaliser l’égalité territoriale. Je veux aussi qu’il y ait 8 grands projets utiles en Ile-de-France, un par département. Je veux notamment en finir avec la construction de nouveaux complexes commerciaux. Je veux susciter un imaginaire plus créatif, plus écolo, correspondant aux besoins véritables de la population.

Les transports publics, c’est une attribution majeure de la région. Proposez-vous comme la socialiste Audrey Pulvar, leur gratuité ?

La gratuité pour les services publics et les biens communs est un horizon qu’il faut atteindre. Et c’est un objectif que nous défendons depuis belle lurette. Mais il faut procéder par phases pour ne pas pénaliser la rénovation et le développement des infrastructures. Je propose la gratuité immédiate pour les moins de 18 ans. Et je veux arrêter le mouvement de privatisations récemment enclenché et rendre les investissements prioritaires dans les transports du quotidien. Par exemple, il faut privilégier les travaux pour le RER B sur le CDG Express.

Comment financerez-vous votre programme ?

La région ne peut pas lever l’impôt. En revanche, nous devrons procéder à des arbitrages budgétaires pour dégager des marges de manœuvre. Avec moi, il en sera de la priorité accordée au financement des lycées privés ou des subventions accordées aux associations anti-IVG. Durant la campagne, je présenterai un chiffrage de notre projet.

Comment jugez-vous la gestion par Emmanuel Macron des crises, sanitaire, économique et sociale ?

On dirait les Pieds Nickelés! Il y a eu le fiasco des masques, le fiasco des tests, et maintenant le fiasco des vaccins qui nous fait devenir la risée internationale. On avait jusqu’ici un gouvernement de droite, néo libéral, obsédé par l’austérité budgétaire, devenu de plus en plus autoritaire. Et chemin faisant, on découvre que nous avons en prime des dirigeants incapables de faire fonctionner l’État! Le ministre de la Santé nous explique qu’ il ne sait pas s’occuper de logistique! C’est surréaliste.

Et en matière économique et sociale ?

Il n’a pas changé de logiciel ! Face aux licenciements en chaîne dans des entreprises qui font des profits, le gouvernement reste les bras ballants, car il est incapable d’imposer quoi que ce soit pour éviter le carnage social. Et ne pas revenir sur la fin de l’ISF, c’est le signe qu’il méprise la soif de justice sociale qui grandit dans notre pays.Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Anne Hidalgo avec Audrey Pulvar…

Ces régionales sont comme une préfiguration de la future présidentielle. Vous allez vous présenter ?

Je suis totalement concentrée sur l’élection régionale. Et Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature. C’est un fait politique. On a davantage besoin de rassemblement que de nouveaux candidats.

Vous pensez que Jean-Luc Mélenchon est le plus à même de réaliser le rassemblement ?

Jean-Luc Mélenchon a de la légitimité, notamment au regard du score réalisé en 2017. Ma conviction, c’est que notre famille politique au sens large est celle qui peut créer la dynamique de la victoire. Je ne crois pas qu’un profil socialiste puisse rassembler quelques années après le bilan catastrophique du quinquennat Hollande. Or certains pensent à Anne Hidalgo. Mais vous avez vu les relations qu’elle entretient avec EELV ? Et comment elle a jeté l’opprobre sur une grande partie de la gauche au sujet de la laïcité ? En réalité, nous sommes dans un grand moment de reconstruction au sein des gauches et des écologistes. Ce qu’il faut rassembler, ce sont toutes celles et ceux qui pensent qu’on ne se sortira de la nasse que par le partage des pouvoirs et des savoirs, la mise en commun des richesses et la protection des ressources naturelles, l’entraide et la liberté.”

Par Jannick Alimi et Julien Duffé 

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