“Une région rempart à la crise”

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« Choc de solidarité » comme « bifurcation sociale et écologique » sont au programme de Clémentine Autain, qui se lance jeudi en Île-de-France pour battre la droite. Entretien publié dans l’Humanité le jeudi 11 février, par Julia Hamlaoui

Votre candidature se veut « l’antithèse » de celle de Valérie Pécresse. Comment ­jugez-vous son bilan ?

“Elle privilégie la course aux mégalopoles sur la quête d’égalité et de justice, sur la qualité de vie et la réponse aux besoins véritables des habitants. Cette idéologie se traduit de façon très concrète dans tous les domaines. Un exemple : accompagner la construction du CDG Express, cette ligne de train qui ­relierait Paris à Roissy pour 25 ­euros, plutôt que d’investir dans les travaux de rénovation du RER B.”

Comment la crise démontre-t-elle les failles de cette politique néolibérale ?

“Une région tournée vers les intérêts privés, et non vers le bien commun, ne peut pas être un rempart dans la crise sanitaire et sociale. Valérie Pécresse nous dessaisit des leviers qui permettent à la région d’agir contre les désastres sociaux. Regardez ce qu’il se passe à la raffinerie de Grandpuits. La région a donné 132 000 euros à Total et sa présidente reste totalement silencieuse alors que la seule raffinerie d’Île-de-France pourrait fermer. Le choix de Total, qui bat des records en matière de profits, menace à la fois 700 emplois, l’environnement et le bassin territorial de Provins. Une région protectrice doit chercher à empêcher ces effets d’aubaine.”

Vous proposez, si vous êtes élue, un « choc de solidarité » dès juillet. En quoi consiste-t-il ?

Il s’agit d’abord d’une batterie de mesures d’urgence. Nous voulons multiplier par dix, dès juillet, le budget de l’aide alimentaire. Dans les cantines, nous voulons la gratuité immédiate pour les premières tranches du quotient familial. Et arrêter les subventions aux entreprises qui licencient alors qu’elles font des profits. Dans le même temps, nous voulons enclencher la bifurcation sociale et écologique, en lien avec les collectivités locales. C’est, par exemple, arrêter les aides aux villes qui ne respectent pas la loi SRU et investir dans la rénovation thermique des bâtiments. C’est créer des emplois favorisant la solidarité et l’entraide pour les jeunes, et moins jeunes, peu qualifiés. C’est aussi la gratuité immédiate des transports pour les moins de 18 ans. Nous voulons dégager des moyens inédits pour développer les transports publics.

Audrey Pulvar, soutenue par le PS, et Julien Bayou, soutenu par EELV, sont également candidats. Comment envisagez-vous le ­débat à gauche ?

Mon ambition n’est pas de jouer au jeu des sept différences avec l’un ou l’autre, car c’est Valérie Pécresse qu’il faut affronter. Ma candidature porte une double exigence : le rassemblement et la transformation en profondeur. Je suis heureuse et fière d’être cheffe de file d’une union entre les insoumis et les communistes qui cherche à donner toute sa place aux mouvements citoyens et aux personnalités des luttes sociales. Cette union est de nature à créer la dynamique. Nous proposons l’alternative la plus cohérente face à la droite. Notre vision du changement peut fédérer les forces vives des quartiers ­populaires, du mouvement social, intellectuel et culturel. Pour l’instant, je suis la seule à avoir dit que, si nous sommes en tête à gauche au soir du premier tour, je m’engagerai pour la fusion des listes de gauche et écologistes. Le dire d’emblée, c’est ouvrir l’espoir d’une victoire face à Valérie Pécresse. 

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