Pouvoir vivre, c’est pouvoir se soigner

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La pandémie révèle de manière cruelle toutes les failles de notre société. L’accès aux soins inégal en fonction des territoires et des conditions sociales en est une béante.

L’Ile-de-France est le territoire le plus riche et aussi le premier désert médical de la France hexagonale. 37 % des Franciliens vivent dans des zones carencées. 95 % de la Seine-Saint-Denis sont des zones déficitaires en soignants et notamment en médecins généralistes qui sont le premier recours indispensable pour accéder à un parcours de soin. En moins de 10 ans, 2 000 généralistes ont fermé leur cabinet soit 18 % de la profession et ceux qui restent ont une patientèle comprise entre 1 500 et 2 000 personnes. Toujours, dans notre région, 55 % des généralistes ont plus de 60 ans ce qui signifie que dans les cinq ans, ce sont la moitié des généralistes qui vont arrêter leur activité.

Chacune et chacun d’entre nous a déjà été confronté à cette désertification médicale en cours. Elle touche en premier lieu les quartiers populaires et les territoires ruraux et elle s’étend à toute notre région. Alors que la crise sociale va creuser les problèmes de santé et les inégalités d’accès aux soins, alors que des centres de PMI ferment, alors que la population vieillissante a besoin d’un suivi médical régulier, agir contre les déserts médicaux est indispensable durant la prochaine mandature. Les conseiller·e·s régionaux communistes sortants n’ont cessé d’alerter sur la catastrophe sanitaire qui menace les Francilien·ne·s. Un de nos amendements demandant la levée du numerus clausus a d’ailleurs été votée en 2018 par l’assemblée régionale. Si ce frein est levé, trop tardivement, d’autres subsistent comme le prix du foncier francilien ou les aspirations des médecins à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale ou celle d’exercer collectivement.

Pour augmenter l’offre de soins, et en priorité dans les zones les plus carencées, la région dispose de leviers. Le soutien à la création et au fonctionnement des centres de santé doit être une politique régionale d’importance. Ces centres permettent à la fois de répondre aux besoins médicaux immédiats grâce à des personnels de santé en secteur 1 mais aussi d’agir contre les ruptures dans les parcours de santé par leur pluridisciplinarité. Du côté des personnels soignants, ils garantissent un exercice collectif, renforcent la protection sociale, mutualisent le secrétariat permettant ainsi de libérer du temps… De nombreuses communes populaires ou rurales ont fait le choix d’en créer sur leurs territoires souvent déficitaires.

Durant le mandat, nous proposons de co-financer plusieurs centaines de centres de santé. Un fonds régional d’investissement devra ainsi être créé afin de répondre aux besoins des communes et des territoires. Des aides régionales à l’installation de médecins dans les territoires déficitaires devront aussi être nécessairement mises en place. Elles peuvent passer par des bourses d’études régionales en contrepartie d’années de service, par la réservation de logements sociaux régionaux aux soignants travaillant dans les territoires carencés ou encore par le financement régional de médecins salariés qui exercent dans les centres de santé. C’est à ces conditions qu’il sera possible pour toutes et tous de pouvoir se soigner en Ile-de-France. 

Céline Malaisé

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