Pécresse : le choix et le coût du privé

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La droite régionale avait prévu d’inaugurer à la veille de l’élection régionale deux nouveaux lycées : un lycée international sur le plateau de Saclay à Palaiseau, un lycée à Pierrefitte-sur-Seine. La crise Covid en a décidé autrement. Ces deux lycées ont tous les deux été construits en partenariat public-privé. Sous couvert d’urgence à faire sortir de terre des lycées, la droite régionale a décidé en 2017 d’avoir recours à ce montage financier qui est pourtant régulièrement épinglé notamment par la Cour des comptes ou l’Inspection générale des finances qui évoquent des « bombes financières à retardement » ou leur « effet néfaste pour les générations futures » du fait du payement de loyers à une entreprise privée. Dans le cadre de ces deux lycées la durée du contrat coure de mars 2019 à septembre 2041.

En Ile-de-France, nous devrions être pourtant vaccinés contre ce genre de pratiques suite au scandale de l’hôpital sud-francilien, aux opérations hasardeuses menées pour le centre des archives diplomatiques, celles des services des affaires étrangères, l’annonce du coût exorbitant de la construction du palais de justice de Paris… Et pourtant, la droite régionale a décidé d’avoir recours aux PPP. Dès le départ, les principales organisations professionnelles des TPE-PME du bâtiment ont appelé l’exécutif régional à renoncer à ce choix favorisant les majors du BTP en rappelant « l’expérience malheureuse, entre 1988 et 1997, qui s’est soldée par un scandale politico-financier assorti de lourdes amendes pour les majors du BTP pour entente ». 

Rien n’y a fait. La droite s’est obstinée. Pressée, elle a oublié de communiquer l’ensemble des documents financiers obligatoires aux conseillers régionaux. Cinq mois de perdus et une nouvelle délibération passée en catimini au printemps 2018. Fin 2018, le budget prévisionnel de la région fait apparaître un coût à la hausse d’un tiers pour réaliser ces deux lycées en PPP par rapport au coût validé par Bercy. Or c’est sur la base de 105 millions € et non de 142 millions € que la Direction générale du Trésor avait jugé que c’était plus avantageux de passer par un PPP que par une maîtrise d’ouvrage classique. 37 millions € de surcoût pour la construction ! Le marché de construction de ces deux lycées a été remporté en janvier 2019 par Vinci. A quelques mois de l’ouverture de ces deux lycées, nouvelle difficulté : le redécoupage de la carte scolaire du lycée international de Palaiseau inquiète car il fait craindre une ségrégation scolaire. De bout en bout, les choix faits par la droite régionale sont un fiasco pour les Francilien·ne·s et un révélateur flagrant d’une mauvaise gestion.

Céline Malaisé

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