Balade francilienne avec Clémentine Autain

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Article publié dans Le Figaro le 25 mai, par Dinah Cohen.

“Si elle ne s’était pas engagée en politique, Clémentine Autain aurait certainement eu un intérêt pour l’architecture. Que ce soit au sens propre ou au sens figuré, la candidate mélenchoniste aux élections régionales en Île-de-France veut redessiner les paysages et «faire des ponts». Entre Paris et sa banlieue, entre les Insoumis et les Communistes… «Je finis même ma séance de yoga du matin en faisant le pont», s’amuse la députée. «Mais je ne fais pas que ça !», complète-t-elle.

Pour illustrer son mantra, la tête de liste voulait nous emmener «chez elle», à Sevran, en Seine-Saint-Denis, où elle est députée depuis 2017. Elle nous aurait montré que «ça ne rassemble pas à ce que l’on voit à la télé», et qu’il faut faire de la région un «tout» plus uniforme. En bref, qu’il faut faire des ponts entre les Parisiens et les Franciliens. Mais faute de temps dans son agenda, Clémentine Autain a finalement opté pour un pèlerinage sur ses derniers pas dans la capitale, aux abords de la place Clichy, dans le XVIIIe arrondissement. Un quartier que la candidate a longtemps arpenté, avant de finalement passer «de l’autre côté du périphérique». (…)

«La vie parisienne ne me manque pas du tout»

Et pour s’éloigner de la frénésie de la capitale, la candidate veut nous faire passer sous un… pont. Reliant Paris à Saint-Ouen, il permet de traverser ce «maudit périph» que l’élue considère comme une «barrière mentale». «Je veux faire des ponts en banlieue, mettre des ponts pour relier le passage d’un côté à l’autre», répète encore la parlementaire, qui confie se sentir «beaucoup plus à (sa) place» en Seine-Saint-Denis que lorsqu’elle était élue à Paris. «Je crois que le fait d’avoir côtoyé les deux me donne un atout. Être engagée au quotidien depuis 13 ans en banlieue, ça transforme», assure-t-elle. (…)

«La banlieue» en toile de fond

«Quand je vois sans cesse Valérie Pécresse stigmatiser nos territoires, ça me révolte», s’emporte encore l’Insoumise, qui se veut être «la voix des quartiers populaires», en opposition à Laurent Saint-Martin (LREM), Jordan Bardella (RN) et la présidente ex-LR sortante Valérie Pécresse, qu’elle désigne comme les «trois droites». (…)

Au-delà de sa volonté de «recoudre le tissu urbain», Clémentine Autain assure qu’elle ne «porte pas que cette voix-là». Elle qui «connaît la vie parisienne» et qui est «fille d’artiste» souligne son «obsession» pour la culture. Elle veut aussi investir dans les transports en commun et y instaurer progressivement la gratuité pour certains publics. Et bien que la santé ne soit pas l’une des compétences de la région, la candidate s’offusque des fermetures d’hôpitaux prévues sur le territoire, «symbole de la folie dans laquelle nous sommes engagés» – l’hôpital Bichat et l’hôpital Beaujon doivent fermer au profit d’une fusion.

Malgré les 10% que lui présagent les sondages – tout juste suffisant pour se hisser au second tour -, Clémentine Autain ne désespère pas de porter «une voix populaire de gauche» dans le scrutin, avec comme objectif l’union de la gauche lors de l’entre-deux-tours. Une nouvelle occasion pour la candidate de «faire le pont» entre les écologistes, les socialistes et sa famille politique ? «Si je suis en tête, je pense que ça va bien se passer», glisse-t-elle.

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