Intégrer l’urgence climatique dans le modèle de développement

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À lire : l’interview de Clémentine Autain dans La Tribune où elle présente notre projet pour Pouvoir Vivre en Île-de-France :

LA TRIBUNE : Les Français et les Franciliens vous connaissent comme militante féministe, adjointe au maire de Paris Bertrand Delanoë, conseillère municipale de Sevran, conseillère régionale d’Ile-de-France, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon et députée de Seine-Saint-Denis. Pourquoi êtes-vous candidate à la présidence du conseil régional d’Île-de-France ?

CLEMENTINE AUTAIN : Je me suis portée candidate avec trois motivations : la volonté de rassembler les insoumis et les communistes, l’envie qu’il y ait une voix de gauche portant la réalité et les exigences des banlieues populaires et du fait de mon parcours personnel et politique qui me fait connaître les deux côtés du périphérique, cette frontière terrible. Mon expérience est en définitive un atout pour présider cette région.

En ouverture de votre livre-programme Pouvoir vivre en Ile-de-France (Seuil), vous rappelez que la région est la plus riche et la plus inégalitaire de France. Comment résoudrez-vous l’équation si vous êtes élue ?

Avec le grand carnage lié à la pandémie – le pire est devant nous – les inégalités sociales s’aggravent. Nous proposons donc un choc de solidarité avec des mesures d’urgence, que nous voterons dès juillet si nous sommes élus : la gratuité des transports pour les moins de 25 ans et pour l’ensemble des bénéficiaires des minima sociaux, la multiplication par dix du budget de l’aide alimentaire d’urgence, la gratuité des cantines des lycées pour les familles à bas revenus et un Samu culturel pour aider les structures en danger de mort.

Irez-vous vers la gratuité totale des transports comme y songe la candidate d’Ile-de-France en commun, Audrey Pulvar ?

Nous visons la gratuité pour les retraités sous condition de ressources au cours de la mandature et plus généralement nous sommes pour l’horizon de la gratuité. Mais nous avons une priorité : investir pour moderniser et développer les transports en commun, notamment de banlieue à banlieue. Nous voulons rénover les RER B, D et C, dédoubler le tunnel entre Châtelet et Gare du Nord, développer les flottes de bus de grande couronne et étendre les lignes de tramways. Nous visons également un métro circulaire autour de Paris pour désengorger la ligne 13 du métro.

N’est-ce pas la promesse du Grand Paris Express ? Pourquoi êtes-vous opposée au passage de la ligne 17 sur le triangle de Gonesse, seule gare du Val-d’Oise, que le Premier ministre vient de confirmer ?

La ligne 17 a été pensée avec le projet Europacity et l’extension de T4 à Roissy. Dès lors que ces projets sont tombés à l’eau, grâce à des mobilisations locales auxquelles j’ai participé, le tracé est remis en cause. Faut-il vraiment une gare en plein champ ? Visiblement, le gouvernement est parti du besoin de la gare pour penser un projet sur le Triangle de Gonesse, et non de la préservation des terres et du projet Carma, d’économie circulaire, que je défends. Tout cela mérite une expertise approfondie et une réévaluation de cette ligne. Parallèlement, nous rééquilibrerons les fonds publics de la Région entre les différents territoires de l’Ile-de-France. Valérie Pécresse a diminué les dotations par habitant dans tous les départements, à l’exception des Hauts-de-Seine. Nous nous appuierons donc sur le schéma directeur que la droite régionale a mis à la poubelle. Ce schéma prescripteur permet de planifier les affectations et les implantations de services publics, de logements, de grands équipements…

Concrètement, comment transformerez-vous ce schéma directeur en schéma d’aménagement social et environnemental, le conseil régional détenant déjà la compétence de l’aménagement du territoire… ?

Nous voulons intégrer l’urgence climatique et le défi écologique dans notre modèle de développement de la région. Notre grande priorité consistera à rapprocher les lieux de vie et les lieux de travail pour limiter les mobilités subies. Aujourd’hui, l’Ile-de-France reste construite à partir de centres d’affaires, d’un côté, et de villes dortoirs, de l’autre. Rien ne vient contrarier cette évolution, alors que les Franciliens devraient pouvoir se soigner, faire leurs courses, aller travailler sans être contraints de passer quatre heures dans les bouchons ou les transports en commun. C’est un enjeu social et écologique !Les promoteurs immobiliers déclarent que cette ville mixte est déjà une réalité…Je n’ai pas de données macro-économiques qui me permettent de valider ce que vous affirmez mais il peut arriver, en effet, que des acteurs privés prennent cette décision car ils comprennent ces enjeux plus vite que la puissance publique. Pour autant, il n’y aura pas de transformation en profondeur de la région sans le conseil régional qui a 5 milliards d’euros de budget annuel et une vraie puissance d’influence. La région doit être pleinement engagée dans cette bifurcation.

La jeunesse est érigée comme grande cause régionale par vos concurrents. Que proposez-vous pour cette population en première ligne dans la crise économique et sanitaire actuelle ?

Je pèserai de tout mon poids politique pour que le gouvernement ouvre le RSA aux jeunes [compétence des départements, Ndlr]. C’est ma grande différence avec Valérie Pécresse car pour moi, cela empêche de dévaler la pente, comme une forme de matelas minimal. Par ailleurs, outre la gratuité des transports pour les moins de 25 ans, je créerai 30.000 emplois solidaires qui ne s’adresseront pas seulement aux plus jeunes mais qui bénéficieront aux moins qualifiés quel que soit l’âge. De même que je ferai monter en charge la formation de la jeunesse pour qu’elle bénéficie de 20.000 places de personnels soignants rémunérés au SMIC moyennant un engagement à travailler cinq ans dans le système de soin public régional. Enfin, en plus d’un lycée agricole dans chaque département, je développerai la formation dans les métiers de l’économie circulaire : réparation, recyclage et réemploi.

Vous promettez de débloquer 1 milliard d’euros pour le logement. Combien pour la construction neuve qui subit une crise inédite ? Pour le logement social dont la demande explose ? Pour la rénovation qui est abondé pour 6,7 milliards par le gouvernement ?

Nous voulons relancer la production de logement social. Le budget logement a été divisé par 2,5 au cours du mandat de Valérie Pécresse. C’est une baisse considérable et tragique pour les 750.000 demandeurs et leurs familles. Nous souhaitons également livrer 35.000 nouveaux logements par an, avec de la construction neuve mais aussi de la préemption et de la transformation. Nous investirons contre les puces de lit, dans la rénovation thermique et dans l’aide aux copropriétés privées dégradées. Ces dernières ont été totalement abandonnées par la Région, le fonds dédié ayant été immédiatement supprimé fin 2015-début 2016.

Qu’en sera-t-il des 300 nouveaux centres de santé que vous appelez de vos vœux ? Où seront-ils implantés ? Qui va payer ? Le conseil régional ? Les collectivités concernées ?

Ces nouveaux centres de santé accueilleront des médecins salariés, ce qui les rendra plus disponibles dans le temps consacré à leurs patients, loin de la tarification à l’acte, et où le tiers-payant et les horaires aménagés seront la règle. Ils accueilleront des généralistes, des spécialistes de la même façon qu’ils permettront de réaliser les prises de sang voire des radios. Ces espaces pluridisciplinaires ont en outre vocation à combler les déserts médicaux identifiés par notre nouveau schéma directeur. En fonction des villes et des départements les plus moteurs en matière de co-financement, ils permettront d’offrir un débouché aux personnels soignants et de répondre aux attentes de la population.

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